#2 | Respir…action, avec Virginie Michault, sophrologue psycho-comportementale.

Virginie Michault est sophrologue psycho-comportementale. Je l’ai rencontrée dans le cadre d’un programme d’accompagnement que j’ai co-organisé l’an dernier à Paris. J’apprécie la façon dont elle parle de son métier, toujours à l’écoute de son interlocuteur, et la manière dont elle partage son univers dans lequel la créativité et l’imaginaire s’associent au service du mieux-être. C’est en me remémorant nos longues conversations passionnées sur nos accompagnements respectifs que j’ai décidé de l’inviter au Zcafé pour qu’elle puisse raconter « de vive voix » ce qu’est la sophrologie… et ce qu’elle n’est pas !

Il était une fois… la sophrologie.

La sophrologie est une méthode de relaxation par la respiration (mais pas que !) qui a été développée dans les années 60 par le psychiatre colombien Alfonso Caycedo afin d’aider ses patients à vivre plus sereinement leur quotidien. Pour la petite histoire, Virginie me raconte qu’il a mis au point cette méthode en s’inspirant lors de ses voyages en Asie de techniques comme le yoga ou la méditation, mais aussi de l’hypnose qui avait à l’époque mauvaise presse (cf Zcafé 1, souviens-toi).

La sophrologie repose sur quatre grands principes :

  • Le principe de l’intégration du schéma corporel : Être à l’écoute de ses sensations et de ce que renvoie le corps dans l’espace.
  • Le principe de la réalité objective : Voir les choses comme elles sont réellement, en ayant un regard sur soi et sur les autres sans jugement.
  • Le principe de l’action positive : Observer les effets positifs de la sophrologie sur soi, sur son mental et sur son corps.
  • Le principe de l’adaptabilité : Réussir à s’adapter face à de nouvelles situations ou des situations répétées.

Différents courants de sophrologie se sont développés depuis (dont le courant psycho-comportemental dans lequel Virginie inscrit sa pratique de sophrologue), néanmoins ils s’appuient toujours sur ces principes mais aussi sur la respiration, la détente physique et la visualisation positive.

Avec la sophrologie, « on part du principe que pour pouvoir travailler un problème qui prend la tête (ruminations ou peurs), on va ramener la personne dans son corps par la respiration et par la détente physique pour que le corps se relâche et que cela puisse permettre un « lâcher prise », une prise de recul, afin de permettre au cerveau de pouvoir observer ce qui se passe de manière positive. »

Virginie me précise également que les pratiques des sophrologues sont très variées. Certains vont beaucoup plus s’axer sur la respiration, d’autres sur le corps ou la visualisation, et parfois – comme elle – sur d’autres techniques comme l’ancrage, la programmation neuro-linguistique (PNL) ou l’art-thérapie. Virginie se forme actuellement au Brain Gym, une approche éducative qui utilise des mouvements et des activités motrices et artistiques pour développer son potentiel et ses capacités d’apprentissage. Intéressant ! Je découvre cette approche avec elle. La connais-tu ou l’as-tu déjà expérimenté dans ton cheminement personnel ?

Si tu souhaites aller voir un sophrologue pour une première séance, en plus de préciser ton attente (et même si c’est juste pour découvrir ce que c’est, c’est ok !), Virginie suggère ainsi de ne pas hésiter à oser lui poser des questions sur sa pratique de la sophrologie. « Demande-lui comment il la pratique ? Comment il voit les choses ? C’est comme cela que le lien se fera entre toi et le sophrologue ».

« La sophrologie, c’est oser, tester, adapter, adopter. » Oser s’écouter d’abord. Tester différentes méthodes pour trouver l’apaisement dans telle situation avec la sophrologie ensuite. Puis, adopter ces méthodes dans son quotidien si l’on est amené à (re)vivre telle situation, en les adaptant si besoin selon son profil et son mode de fonctionnement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser (… les stéréotypes sur les méthodes de relaxation ont la vie dure…), la sophrologie est une démarche qui demande une participation active et nécessite une pratique quotidienne. Il est vrai que certaines personnes ne la pratique uniquement que lorsqu’elles en ont besoin, mais la sophrologie ne fonctionne que si on l’utilise vraiment dans son quotidien. « Plus qu’une méthode, la sophrologie est un art de vivre, une façon de concevoir la vie ».

La sophrologie, pour quoi ?

Etymologiquement, la sophrologie désigne l’harmonie de l’esprit, une harmonie de l’esprit qui passe par le corps, l’un et l’autre étant indissociables. Pour Virginie, « La sophrologie, c’est la recherche d’un mieux-être, d’un apaisement. Elle nous donne la capacité de s’adapter aux situations qui viennent à nous et de se sentir au mieux par rapport à ces situations ». L’écoute de ses émotions est aussi au cœur de la pratique en sophrologie. Virginie m’explique que pour elle (comme pour moi d’ailleurs), « les émotions sont des signes de notre corps en réponse à une réaction particulière face à une situation. C’est comme si notre corps nous parlait pour nous signifier quelque chose. Quand on ressent de la peur, le rythme cardiaque s’accélère, les muscles se tendent, les yeux s’agrandissent, le corps est en alerte. Il faut se protéger. Derrière chaque émotion, il y a un besoin : un besoin de protection pour la peur, un besoin de s’affirmer pour la colère, un besoin de partager pour la joie… Chacun vit ces réactions du corps différemment. Chaque personne a son corps qui lui parle différemment ».

Une personne vient généralement parce qu’elle a une problématique ponctuelle qu’elle souhaite résoudre avec la sophrologie : s’apaiser face au stress et aux angoisses, accroître sa confiance en soi à l’occasion d’un évènement important ou d’échecs répétitifs (baccalauréat, permis de conduire, entretiens, prise de parole en public…), aborder une grande peur ou phobie avec du recul, mieux vivre avec ses émotions (écouter sa colère et son besoin sous-jacent par exemple pour évacuer cette émotion sans se blesser soi ou les autres).

Attention, « La sophrologie ne guérit pas, elle contribue à un maintien d’une bonne santé ». Un sophrologue ne s’occupe pas de ce qui ne va pas mais plutôt de ce qui va et va aller mieux pour atteindre une harmonie entre le corps et l’esprit. Le sophrologue invite à prendre du recul sur la problématique pour se concentrer sur le positif. Il apporte des supports, des méthodes, des outils pour que la personne puisse résoudre sa problématique en toute autonomie en travaillant sur les symptômes et les effets liés à sa problématique. La sophrologie, c’est aussi un état d’esprit en faveur d’un mieux-être de la personne. On est dans une logique préventive plutôt que curative. « Le sophrologue permet à la personne de gérer seule la situation désagréable pour s’en extirper et s’apaiser pour vivre de façon plus sereine et harmonieuse au quotidien ».

A quoi ressemble un accompagnement en sophrologie psycho-comportementale ?

Les séances peuvent se faire en individuel (d’une durée d’1h en moyenne) ou en collectif (entre 1h30 et 3h selon la thématique, 12 personnes maximum).

  • Lors de la première séance de découverte de la personne (l’anamnèse), le sophrologue psycho-comportemental va demander à la personne de clarifier sa problématique pour définir un objectif de travail qui lui permettra de proposer un protocole. Un protocole est un programme d’accompagnement en moyenne de 8 à 12 séances. Le sophrologue adapte sa méthode à la personne et à sa problématique et choisit ses techniques en fonction.
  • Chaque séance s’ouvre généralement par un rappel de l’objectif et du niveau d’avancement dans le protocole. Des techniques de respiration sont mobilisées, suivies parfois par des exercices de relaxation dynamique (qui sont des exercices de mouvement de corps en même temps que la respiration), pour amener la personne à détendre son corps (induction physique), puis son mental avec des visualisations positives et agréables (induction mentale).
  • Ensuite, la technique de sophrologie est posée pour travailler sur l’objectif préalablement défini avec la personne (par exemple visualisations spécifiques pour déconstruire des croyances limitantes, ancrages pour une reconnexion, travail sur des sensations…).
  • Enfin, la séance se termine par un dialogue avec la personne pour savoir comment elle a ressenti la technique et l’expérience, si elle a eu un déclic lors de la séance, voir si le protocole doit être réadapté. Le sophrologue propose des exercices inter-séances concrets pour que la personne puisse se mettre en action et s’entraîner en pratiquant quotidiennement.
  • Chaque nouvelle séance permet à la personne d’approfondir la technique de sophrologie, de se l’approprier en l’expérimentant et de l’intégrer dans son quotidien. La finalité est de rendre la personne autonome afin qu’elle puisse réaliser par la suite les exercices seule dans les situations de la vie quotidienne.

Le petit plus de Virginie dans sa pratique de sophrologue psycho-comportementale : la créativité et l’imaginaire, et avec une belle vision derrière ! « En sophrologie, j’utilise beaucoup la créativité et l’imaginaire car avec elles on peut tout se permettre dans le respect de soi et de l’autre. On peut développer notre confiance en nous, notre capacité, le champ des possibles ensuite dans la réalité est beaucoup plus grand, on s’autorise beaucoup plus, c’est ça qui est important pour moi que la personne s’autorise beaucoup plus. En s’écoutant beaucoup plus, on s’autorise beaucoup plus. On ne s’interdit plus des choses par peur de l’échec, de l’inconnu. En puisant dans l’imaginaire et dans la créativité, on y va. »

Un exercice simple et efficace à expérimenter : la respiration abdominale

Nous avons tendance à l’oublier et à la négliger tant elle est naturelle et se fait de façon automatique mais la respiration est un outil puissant, accessible à tous et facile d’accès. Avec elle, on passe par le corps, on redécouvre ses sensations agréables dans le corps, on peut se poser, s’observer simplement dans la détente, s’apaiser et trouver l’harmonie entre son corps et son mental.

« Quand on regarde un bébé dormir, quand il inspire il gonfle son ventre jusqu’au bout et quand il expire il se détend. La première respiration que je donne systématiquement dans mes accompagnements c’est la respiration abdominale et c’est en cela que ça consiste. »

Tu es prêt(e) ? Assis(e) ou allongé(e), inspire profondément par le nez en gonflant ton ventre. Bloque ta respiration pendant trois secondes (1.2.3.) et expire tranquillement par la bouche en dégonflant ton ventre (1.2.3). Cette respiration quand on la pratique quotidiennement, le jour où on en a besoin parce qu’on se sent stressé par exemple, le corps sait exactement ce qu’on va lui demander et il se met en situation et tout de suite cela à un effet bénéfique, d’apaisement sur tout le corps. (Rétention d’air à condition qu’il n’y ait pas de problème cardiaque ou d’épilepsie. Sur avis médical pour les femmes enceintes).

Alors comment te sens-tu ? Que ressens-tu ?

Si tu veux échanger avec Virginie pour en savoir davantage sur la sophrologie psycho-comportementale, tu peux la contacter sur ces réseaux sociaux : Instagram @virginiemsophrologie, Facebook VirginieMsophrologie, LinkedIn Virginie Michault, ou sur son site internet http://www.virginiemsophrologie.com

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